Avec une intro bien plus courte que ce qu'elle a pourtant eu jusque là de nous faire, c'est avec une petite déception que l'écoute démarrait. Déception très vite effacée par un Love is Blind juste dantesque qui s'inscrit avec surprise dans une vague trip hop. Magnifique performance vocale qui donne pourtant l'impression d'être d'une simplicité étonnante pour la princesse du R&B. Un incroyable pont aux allures mystiques permet presque au morceau d'atteindre la perfection. Vient ensuite, le 1er single issu de l'album, Doesn't mean anything. Cette fois, nouvelle déception, si le morceau se révèle sympa, ce n'est jamais qu'un clone moins bien de l'excellent tube No One auquel nous avons droit dans As I am. Try sleeping with a broken heart s'avère être le second single tiré de l'opus. Sans faire plus que ce qu'elle sait déjà faire, Alicia Keys signe là un morceau efficace qui souffrira sûrement de ne pas pouvoir être écouté bien longtemps.
C'est alors là qu'arrive une seconde surprise, plus grande que l'essai trip hop: une tentative d'electro pop avec Wait til you see my smile. La tentative s'avère réussie, le genre permet en réalité à la jeune demoiselle de pouvoir mettre encore plus en avant ses cordes vocales. Avec ce morceau, c'est l'assurance de planer pendant 4 minutes. Mais Alicia Keys ne serait quand même pas Alicia Keys si elle ne créait pas de belles ballades. C'est donc probablement avec plaisirs que ses fans la retrouveront ensuite avec That's how strong my love is, Un-Thinkable (I'm ready) et Love is my disease qui se font suite, même si pour le dernier morceau se repose sur une basse plutôt que ce désormais fameux piano.

Like the sea vient toutefois signer son retour. Ici, il faut s'attendre à une chanson très entraînante rappelant les débuts de la diva du fait des effets produits sur sa voix. Le morceau arrive au bon moment et permet à l'album de repartir sur une ambiance plus dansante. Parce-qu'il fallait aller jusqu'au bout de la surprise, Alicia Keys offre ensuite un duo avec la très réputée Beyonce Knwoles. Si le morceau est loin d'être génial, il en reste toutefois sympa et continue sur la voie tracée par Like the sea avec un beat qu'aimeront les clubbers. Toujours aussi dansant, This bed apportera en même temps un petit goût de nostalgie aux adeptes de la black music des années 70 et 80.
Finalement, le virage choisie par la chanteuse ne semblait pas si mauvais que ça. Distance and Time, nouvelle ballade de l'album, se révèle long et ennuyant. On regrette aussitôt son écoute démarrée l'ambiance apportée par les 3 précédentes pistes. Pour autant, le morceau n'en reste pas moins aussi soignée que les autres. Avec How it feels to fly, c'est encore une fois la performance vocale sur fond de piano qui fait accrocher. Le choix de s'inscrire dans un nouveau genre musical est une encore une fois un facteur important de la qualité du morceau.
Pour finir cet album, Alicia Keys se permet de créer un hymne à la ville de New York. Rien que ça. En effet, Empire State of Mind est une ode à la mégalopole où elle a appris à jouer cet instrument qu'elle affectionne tant et qui est presque le seul à l'accompagner pendant son interprétation. Et quelle ode! Description de la ville toujours avec cette même sublime voix, elle parvient à partager son amour de New York City sans aucun soucis, même au Français qui ne l'a jamais vu qu'en photo. Seul petit regret, la version de l'album est interprétée sans Jay Z. Pourtant, à la vue de ce live, de ce clip, il est indéniable que cette collaboration était juste parfaite et aurait plus que mérité sa place dans l'album.

Si The Elements of Freedom n'est pas la claque que certains attendaient, il n'en reste pas moins la preuve qu'Alicia Keys est capable de sortir son registre habituel. Les mauvaises langues devront trouver de nouveaux arguments pour remettre en question son talent. Peu de collaborations mais des collaborations réussies! Celle avec Jay Z restera longtemps dans les mémoires, sûrement jusqu'à la naissance d'un nouvel hymne.
C'est un opus finalement un peu plus artificiel que précédemment. Un mal pour un bien, il en devient rafraîchissant. Il enchaîne tube sur tube. L'enchaînement des pistes est bien pensé, balançant entre les changements et les classiques de la chanteuse. Pour ceux qui voudraient eux aussi voir Alicia Keys dans tout sa splendeur: rendez vous le 31 mai 2010 à Paris Bercy.