Glass démarre l'écoute. Une voix résonne, comme si elle se trouvait à des kilomètres de nous, puis doucement, l'un après l'autre, des instruments l'accompagnent pour poser une ambiance lourde, quelque peu mystique. Ce côté mystique se retrouvera d'ailleurs tout le long de l'album et est la source de mon adoration envers lui. Puis vient le refrain et la montée dans les aiguës parfaitement exécutée par Natasha Khan et c'est le jackpot, on oublie ce qui nous entoure et attendons la suite de la chanson avec impatience. Ce n'est que le début d'un plaisir de près de 50 minutes. L'ambiance se calme ensuite avec Sleep Alone, mais ne perdant pas ce côté mystique que j'affectionne particulièrement. L'interprétation du titre donne l'impression de n'être que le récit d'une histoire en chanson. Un vers, une pause et des sons différents pour illustrer chacune des étapes. Encore une fois, le coup de grâce intervient dès que le refrain fait son apparition.
Le morceau se termine et c'est Moon and Moon qui démarre. Cette fois, on met le mysticisme de côté. Un piano démarre pour accompagner cette voix qui conte une romance parmi tant d'autres. Cette simple mais si efficace association nous berce pendant un peu plus de 3 minutes, nous remplissant de frissons. Cependant, Daniel vient rappeler qu'on écoute Bat for Lashes et pas Alicia Keys. Morceau très bien géré, l'équilibre entre l'instru et la voix de Natasha Khan est épatant, chacun sachant mettre en avant l'autre quand il le faut. Tout dans ce morceau, comme dans les autres en réalité, s'écoute, rien n'est favorisé. On se laisse traîner dans les ténèbres créées par l'interprète.

Jusque-là, tout allait bien, même très bien. Pourtant avec Peace of Mind, les Bat for Lashes ont signé un morceau que je n'aime pas plus que ça. Je l'aime grâce à la voix de Natasha Khan. Je ne l'aime pas plus que ça car l'instru n'est pas vraiment à mon goût avec ses airs de country. Comme si elles en étaient conscientes, les 4 femmes signent ensuite ce qui est pour moi le meilleur et plus beau morceau de tout l'album: Siren Song. Toujours dans cette même ambiance mystique, on retrouve une nouvelle fois cet instrument puissant qu'est le piano pour donner la claque. Comme elles savent si bien le faire, le refrain vient terminer le travail à l'aide d'une instru complètement dingue où de nombreux types instruments se côtoient comme pour contraster avec les couplets où Natasha Khan est clairement mise en avant.
Pearl's Dream vient ensuite continuer le plaisir sonore, avec cette même recherche musicale et d'ambiance qui m'est chère, cette même puissance dans le refrain et cette capacité à laisser les instruments s'exprimer juste quand il le faut. Après lui, on a le droit à un petit retour romantique avec Good Love. En tout simplicité, pendant qu'un piano et un tambourin notamment accompagnent la voix, on suit le récit de cette rencontre, un soir comme un autre.

On arrive à la fin de l'album, il ne reste plus que 3 morceaux et le bilan est déjà excellent. Two Planets permet de maintenir les éloges faites jusque-là. Difficile d'en parler sans répéter ce que j'ai d'ores et déjà dit plusieurs fois sur son ensemble. Toutefois, il est à noter que ce morceau est le plus varié de tout l'album, notamment sur le plan rythmique. Il oscille, d'un moment à l'autre, entre voix presque esseulée, instru lourde et rapide, parfois avec un brin d'electro et passe par des passages calmes, le tout évidemment très maîtrisé. Travelling Woman vient ensuite calmer le jeu, simple ballade, elle ne vient pas secouer l'opus approchant de sa fin mais sait facilement se faire apprécier.
Arrive finalement The Big Sleep, qui parvient à magnifiquement terminer cet album. Natasha Khan et son Good bye my dears accompagné d'un piano à l'ambiance très film d'horreur viennent boucler ces 50 minutes intenses où nous avons oublié tout ce qui nous entourait et tout simplement apprécié que des artistes de cette trempe puissent exister.
Two Suns n'est pas l'unique album des Bat for Lashes. Il semblerait qu'elles avaient déjà été félicité par la critique en 2007 lors de la sortie de leur 1er, Fur and Gold. Actuellement, je n'en ai écouté qu'un seul morceau, Prescilla. On y retrouve déjà ce qui fait la force de l'opus dont je vous parle ici. Je ne manquerai donc pas d'aller l'écouter espérant obtenir le même plaisir que pour Two Suns.

-Photos prises sur lastfm-