[Film] Invictus de Clint Eastwood
Par MimS le dimanche, janvier 17 2010, 07:58 - Divers - Lien permanent
SPOILS EVENTUELS

Voilà une affiche possédant énormément d'impact pour moi. Loin de m'avoir seulement attiré par les noms Eastwood et Freeman qui pourtant inspirent le respect, c'est bien le sens que je lui donnais qui m'a tout de suite impressionné.
Cette affiche est faussement simple, on pourrait croire que ce fut une bête incrustation et que le tour était joué mais elle exprime beaucoup à mes yeux. D'abord, les différences de taille entre Nelson Mandela joué par Morgan Freeman et François Pienaar joué par Matt Damon montrent bien que le 1er sert le guide tandis que le 2nd est son ombre mais une ombre ô combien importante, puisque tout un peuple est derrière elle. Ensuite, le sourire serein de Mandela qui jette comme un regard en coin à Pienaar exprimant tout ce qu'il attend de lui et en même temps toute la confiance qu'il a en lui.
A elle seule, cette affiche résume en réalité énormément le film.
Ajoutez que j'ai vu l'excellent trailer juste avant la diffusion d'Avatar en 2D et vous comprenez pourquoi j'ai couru hier après-midi voir ce film.
Invictus est un film, qui selon moi, possède diverses lectures, je ne saurai vous en parler autrement qu'en vous les exposant. Je ne vais pas faire un speech pour dire que j'ai aimé le film, je considère qu'à partir du moment où j'expose ces lectures c'est l'évidence même. Non, je veux seulement partager mes interprétations aussi évidentes ou peut-être même fausses soient-elles:
Il raconte la vie de Mandela et est un hymne à la fois au pardon et au sport. Ce sont un peu plus de 2h où on a droit à un magnifique récit sur l'humanité entre vie quotidienne montrant les peuples noirs et blancs sans cliché, opposition de ces 2 peuples et petit à petit compréhension de l'un envers l'autre, le tout soutenu par une bande-son juste géniale, évoquant magnifiquement le pays où se déroule l'histoire, première bande-son que je veux posséder depuis Slumdog Millionaire.
Mandela se fait le symbole de cette compréhension. Clint Eastwood raconte ici sa vie personnelle et politique à travers elle. La description se veut la plus réaliste possible, le réalisateur n'oublie pas qu'il parle d'un homme politique avec ses hauts et ses bas, ses réussites et ses erreurs. Toutefois, je reconnais qu'il accorde une plus grande importance à ses hauts et réussites. Les 2 autres points ne sont qu'évoqués rapidement, amenés à être compris par l'importance qu'accorde Mandela vis-à-vis de la réconciliation au détriment de nombreux sujets dont parmi eux le SIDA qu'on sait avoir été malheureusement négligé. Mandela se dit maître de son destin, capitaine de son âme et c'est avec cette conviction qu'il va mener tout un peuple, au travers de l'équipe de rugby, à s'unir quitte à déplaire à ses confrères politiques en affichant clairement ses couleurs lors de grands évènements comme la finale de la coupe du monde face de rugby à la Nouvelle Zélande de Jonah Lomu où il apparaît avec le maillot des Springboks.

Je choisis volontairement une photo de l'évènement tel qu'il s'est passé pour souligner à nouveau ce soucis de réalisme que possède Eastwood car vous aurez droit à cette image dans le film (et aussi car je me sens pas de chopper le film pour ça, oui j'avoue). Notez d'ailleurs que le générique de fin voit défiler de réelles photos de cette finale semble-t-il épique.
Venons-en aux hymnes du film.
Le pardon d'abord:
Il y a une citation lue dans Génocidé, livre que j'affectionne énormément, qui résume à elle seule la philosophie de Mandela, "Le pardon est là précisément pour pardonner ce que nul ne saurait excuser" de Vladimir Jankélévitch. Dans cette phrase, on comprend que ce pardon est la première étape, la seule qui pourra permettre non pas à un peuple mais aux deux peuples d'aller vers l'avant, de ne plus retomber dans le fonctionnement qu'a pu être celui de l'apartheid, fonctionnement qui entraînerait un cycle de haine sans fin. Après, ne pas faire une erreur en pensant qu'il faut oublier, nous n'avons pas non plus droit à de beaux discours, juste que ce pardon apparaît finalement comme indispensable. Mandela l'a compris et a fait un calcul humain, il choisit volontairement de ne pas retirer à ses anciens ennemis ce qui les caractérise. Vous l'avez deviné, j'évoque là le nom et les couleurs des Springboks. Comment espérer se réconcilier autrement? De son cabinet jusqu'à un domaine aussi simple, il affiche un respect énorme envers leurs mœurs et va essayer d'amener le capitaine de l'équipe, François Pienaar, en qui il voit un atout de par sa personnalité, à la même conclusion que lui. Évidemment, c'est surement ici qu'Eastwood a romancé la réalité. Je ne vais pas mentir, en 1995, j'avais 5ans alors vous imaginez bien que je n'ai pas une connaissance énorme du sujet mais je suppose que ce ne fut pas aussi simple de l'y faire parvenir. Toutefois, cela reste crédible et fait parti de ces preuves d'humanité qui donnent une force au film.
Après le pardon, parlons du sport, plus précisément du rugby ici:
Peut-être savez-vous ce que sont les footix? Personnellement, si on devait parler rugby, je l'admets, je serais rugbix. Je n'aime pas ce sport mais lors de grands évènements comme la coupe du monde, je soutiens activement notre bien-aimée équipe de France comme si j'en étais fan. Ces moments là unifient un peuple, tous les différents sont plus ou moins mis de côté car tous ne veulent qu'une chose: voir leur patrie gagner. Le rugby est donc un symbole, celui qui unifiera les anciens ennemis. Ce n'est pas une équipe qui gagne la coupe du monde, c'est tout un peuple! Finalement, le rugby devient un enjeu politique. Mandela veut faire accepter les couleurs vert et or des Springboks à son peuple qui au fur et à mesure va passer outre et se sentir autant concerné que par la minorité blanche par la victoire. Le sport est un dépassement de soi, un moment où on vit tous les mêmes émotions entre déception et joie pour son équipe. Joli tour de force du réalisateur encore une fois: lors de la finale, bien qu'on connaisse déjà le résultat (enfin en principe), on se surprend à soutenir l'Afrique du Sud comme si nous-mêmes en étions habitants. J'ose dire qu'il n'y a qu'avec le sport que cela est possible. Cela se vérifie même dans le football où on sait à quel point ne pas se qualifier pour la coupe du monde peut être dramatique pour certains pays d'Afrique noire d'un point de vue politique. Avec humour, j'ai envie de dire: Sport, connecting people. Une belle métaphore de ce résumé en trois mots serait une scène du film où on voit les gardes du corps blancs de Mandela apprendre les règles du rugby à aux gardes noirs, plutôt attirés par le foot à l'origine comme la majorité de leurs semblables. Pourtant, les deux camps étaient loin de s'apprécier au début, c'est bien cette simple chose qu'est le rugby qui va leur faire oublier leur passé trouble.
Tous ces interprétations aident à rendre ce film intense, à ne pas voir passer les 2h, heures finalement mémorables grâce à elles.
Pour elles je vous dirai tout simplement: Allez voir Invictus, allez aimer Invictus, revenez et parlez d'Invictus.
Trailer ici
Commentaires
Y a pas de spoil là-dedans, on sait tous qu'ils gagnent à la fin et qu'ils meurent même pas u_u
C'est pas facile de donner de l'impact à un film dont le sujet est le sport et qui plus est, une histoire vraie. Apparemment, c'est réussi^^ (dans le genre, Rasta rocket se défend bien)
Comme toi, j'aime bien le rugby de temps en temps. Du coup, la finale de 95 est un peu loin et je ne peux pas trop t'en parler. S'il y a un film sur la coupe du monde 98, par contre, pas de soucis, j'y étais n_n
En 2007, pour la coupe du monde de rugby, je suis allé voir des matches de l'équipe de France et je dois dire que je n'ai pas senti la même ferveur. La diffusion était faite sur écran géant à l'extérieur du stade >.< et il n'y avait pas autant de monde que pendant les grandes heures de l'équipe de France - le parvis de l'Hotel de ville de Paris a tremblé pendant les prolongations contre le Paraguay en 8è de la coupe du monde et le stade Charlety à Paris était plein comme un œuf pour la finale de la coupe d'Europe de foot en 2000 - au scénario digne d'un Olive et Tom !
Pour l'avoir vécu, la ferveur d'un peuple qui pousse derrière son équipe est un sentiment formidable^^
On se sent invincible ! Oui, c'est le terme.
Le dimanche matin, quand j'avais dit que la France allait gagner 3-0 face au Brésil, tout le monde avait rigolé. Le soir, on était tous sur les Champs-Elysées =^o^=
C'est vrai que le contexte politique de l'apartheid à l'époque ajoute à la dimension dramatique. Comme tu le dis, il est vital de ne pas oublier et également de savoir pardonner. C'est probablement la plus grande force de Nelson Mandela^^
(Nelson, ça signifie fils de champion, en l'occurrence, il serait plutôt un père de champion(s) !)
J'ai pas "énormément" de souvenirs sportifs mais personnellement c'est bien la finale de la coupe du monde de football 2006 qui m'a véritablement marqué, on avait vraiment une ambiance de FOLIE...
...Jusqu'à qu'on assiste à l'expulsion de Zidane où là, ça s'est bien refroidi >_<.
J'aime le sport *_*
Zizou, qui est encensé par nos média, est un habitué du fait u_u
En particulier lorsqu'il jouait à la Juventus de Turin, il n'était pas rare qu'il se fasse justice lui-même en s'essuyant maladroitement les crampons sur un joueur qui venait de le tacler.
J'étais au Stade de France en 98 pour le match de poule France-Arabie-Saoudite. Il s'est fait expulsé après avoir marché sur un joueur à terre.
Un autre gros souvenir foot, c'était le PSG-Bayern au Parc 1-0, but de Laurent Leroy à 2-3 minutes de la fin. Le stade était debout \o/ (même le 7-2 contre Rosenborg était limite sans intérêt^^)
Par contre, la même année, la double confrontation contre la Corogne avait été cauchemardesque. 1-3 au Parc après avoir ouvert le score et 4-3 en Espagne après avoir mené 3-0 à 30minutes de la fin T_T
Dans un autre sport, j'avais regardé le dernier GP de F1 de l'année 2008 avec des amis. La décision s'est faite dans les derniers virages et dans la confusion générale :D (J'avais parié sur Massa, ça s'est joué à rien. Et la tête du père de Massa qui croyait que c'était gagné est trop drôle :D)