Le dernier billet autour de l'animation japonaise remonte à Janvier : La flemme, les animes et moi.
Comme quoi, le titre était dans le vrai, on ne peut pas dire que le nombre d'animes fréquentant mon écran atteigne des records inégalables.A vrai dire, il a longtemps frôlé la bulle parfaite.
Jusqu'à que je découvre Giant Killing.

Lancé tout juste avant le début de la dernière Coupe du Monde de Football, qui aura occupée la Une de tous les journaux télévisés pendant un mois, Giant Killing est arrivé à point nommé pour donner une seconde vie au sport dans l'animation, notamment au football comme vous l'avez deviné. Si, par contre, vous vous attendez à un nouveau Captain Tsubasa (plus communément appelé Olive et Tom, rappelez-vous ce générique de folie), vous faites fausse route. Quand ce dernier utilisait tous les ressorts techniques, même les plus extravagants, du genre manga pour intéresser le lecteur/spectateur (car oui, même le manga est epic), Giant Killing, lui, se la joue plus serious business, plus réaliste. Là, on parle vraiment de football. Finis les ballons déformés, les terrains qui se traversent en 3 épisodes, les feuilles mortes. Place au foot, le vrai, celui où les supporters comme les journalistes ne sont pas tendres avec vous, où une équipe doit faire preuve d'une certaine cohésion, où les blessures existent et ont leur importance et surtout où l'entraîneur a une importance non négligeable. Car oui, en réalité, Giant Killing, plus que montrer du ballon rond, montre tout le travail effectué par le José Mourinho de la japanime, Tatsumi Takeshi aussi appelé Coach Tatsumi accompagné de tout son staff technique (ne l'oublions pas).

Giant Killing c'est donc le récit de Tatsumi, ex-joueur de East Tokyo United, désormais entraîneur. Lors de sa carrière, il avait quitté le club dont il était un élément indispensable. Ceci fut le début des soucis pour l'équipe qui perdit de son talent tout juste naissant et devint donc une équipe de fin de classement. Repéré pour ses performances à son nouveau poste, Tatsumi est appelé pour retourner dans son club où son départ a laissé un goût amer à certains fans.
Sous ce résumé peu original se cache un anime très prenant. Alors que la production peine à se renouveler et où seuls les animes aux concepts tout aussi farfelus les uns que les autres parviennent à marquer les esprits, la simplicité du scénario en devient fraîche. Il était lassant de devoir attendre le nouveau délire de Masaaki Yuasa pour enfin prendre son pied...
...Quand on y comprend quelque chose, ce qui n'est pas toujours le cas (et c'est ce qui fait que, bien que j'ai été sur le cul à chaque épisode, je n'ai jamais réussi à dépasser le 8ème de Kaiba). Au moins ici, pas de prise de tête, pas de recul à prendre sur ce qu'on vient de voir. Ce n'est pas un anime pop-corn mais notre réflexion n'est pas mise en jeu à chaque épisode du titre au style graphique en passant par le scénario.
ici, on revient finalement à ce qui m'a fait aimer les mangas 5 (mais pas 15) ans arrière. Autant être clair : Giant Killing est un shonen. Héros classe, timide, ou benêt, dépassement de soi, retournement de situation, tout y est. On connaît la formule mais elle reste efficace notamment grâce à une mise en scène bien menée et surtout car le football permet de passer facilement d'un personnage à un autre sans soucis de cohérence.
"On s'est consacré à la défense quelques temps? OK, maintenant, place aux attaquants, ils manquent de visibilité."
L'anime, tout en conservant une continuité scénaristique, parvient donc à se renouveler sans arrêt.
Autour des joueurs eux-mêmes, les supporters, les conférences de presse et aussi, ce qui fait l'essence même du football, les matchs sont abordés. Les matchs bénéficient d'ailleurs d'un traitement fort intelligent. Comme n'importe quelle équipe, une saison est composée de matchs forts, plus importants que les autres. En sachant consacrer plusieurs épisodes à ceux-ci quand pour 2 autres, on n'en consacre qu'un seul, ce point se fait parfaitement sentir pour notre plus grand plaisir.

Je réalise ne dire que des compliments de Giant Killing mais le fait est que j'attends chaque semaine avec impatience le prochain épisode. Il y a toujours le petit truc qui donne envie de voir la suite.
Évidemment, nous n'en sommes qu'au 17ème épisode alors je ne peux encore affirmer tenir là une perle mais je veux y croire. 26 épisodes semblent prévus. J'ose espérer que cela ne sera, à l'instar de Major, qu'une première saison car j'ai énormément de mal à voir comment l'anime peut se finir au point où il en est. A part bâcler la fin, je ne vois pas d'autre solution.
Finalement, peut-être que le sport en anime est définitivement une recette qui marche. Il y a fort à parier qu'on se sent au fond supporter de l'équipe (ou du joueur selon le sport) que l'auteur met en scène. Tout du moins, je supporte Tsubasa Ozora et son équipe, je supporte Hanamichi Sakuragi et je supporte Tatsumi, Tsubaki, Gino, Murakoshi, Sera, Natsuki et tous les autres qui forment l'équipe de East Tokyo United. Je ne saurais par contre dire si le fait d'aimer dans l'ensemble les sports collectifs influent ou pas sur mon appréciation.
E T U!